La Ligue nationale de football professionnel (LaLiga) a reporté, mercredi 16 septembre au soir, le match de sixième journée entre le Levante Unión Deportiva et l'Athletic Club de Bilbao : un orage méditerranéen avait recouvert d'eau la pelouse du Ciutat de València ainsi que le couloir d'accès aux vestiaires. Les images du terrain noyé, largement partagées sur les réseaux sociaux, ont aussitôt nourri au Maroc une lecture directement rattachée au partage des matchs du Mondial 2030.
La décision de reporter la rencontre, programmée à 21 h 30, a été prise avec le corps arbitral une vingtaine de minutes avant le coup d'envoi, alors que les deux équipes venaient d'entamer leur échauffement. La lame d'eau accumulée sur la surface empêchait tout simplement le ballon de rouler. Le club valencien a annoncé par sonorisation qu'une nouvelle date serait communiquée dans les jours suivants.
L'Agence espagnole de météorologie (AEMET) avait placé la province de Valence en alerte orange dès seize heures, pour un danger de 40 litres par mètre carré en une heure et des cumuls pouvant atteindre 80 litres en deux ou trois heures, accompagnés de grêle. Les relevés de la soirée ont donné jusqu'à 85 litres par mètre carré à L'Eliana, dont 70 en une demi-heure, perturbant le métro et la circulation sur plusieurs axes autoroutiers de l'agglomération.
Reprises sur X, Facebook, Instagram et TikTok, ces images ont alimenté au Maroc des commentaires sur l'état de préparation de certains stades espagnols pour les grandes échéances, certains internautes évoquant l'importance des systèmes de drainage et de la qualité des infrastructures plutôt que du seul prestige d'un grand passé footballistique. Il faut toutefois noter que plusieurs publications francophones ont exagéré l'épisode, affirmant à tort que la rencontre aurait été interrompue en fin de match, alors qu'elle a simplement été annulée avant le coup d'envoi.
Cet épisode s'inscrit dans le contexte plus large de l'organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, à laquelle s'ajouteront trois rencontres du centenaire disputées en Argentine, au Paraguay et en Uruguay. Le Royaume vient par ailleurs d'organiser la Coupe d'Afrique des nations (CAN) entre décembre et janvier, une échéance qui a servi de vitrine à ses nouvelles infrastructures sportives.
L'attribution de la finale reste à ce jour ouverte. La Fédération internationale de football association (FIFA) a répété le 10 septembre, après une première mise au point le 5 août, qu'une décision serait prise en temps voulu. La veille, à Bouznika, le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) avait pourtant déclaré, lors d'un rassemblement électoral, que la province de Benslimane accueillerait cette rencontre.
De leur côté, les quotidiens sportifs madrilènes Marca et AS présentent le stade Santiago-Bernabéu comme le site pressenti pour la finale, avec des demi-finales qui se disputeraient à Casablanca et à Barcelone. Ce schéma, comme la déclaration du président de la FRMF, n'a été confirmé par aucune décision officielle de la FIFA à Zurich.
Le Maroc met en avant un chantier d'ampleur : le Grand Stade Hassan-II, en construction sur 140 hectares entre Casablanca et Rabat, doit offrir 115 000 places pour un coût estimé à environ 500 millions d'euros, avec une livraison attendue en 2027 confiée au groupement SGTM-TGCC. Le Royaume s'appuie également sur le complexe sportif Prince-Moulay-Abdellah de Rabat, entièrement reconstruit avant la CAN.
Le contraste mis en avant par les commentateurs marocains tient aussi à l'âge et à l'exposition du stade valencien : inauguré en 1969 et porté à 25 534 places, le Ciutat de València se situe dans une région régulièrement frappée par des épisodes méditerranéens violents, comme la dépression isolée du 29 octobre 2024 qui avait fait 229 morts dans la province. Cet historique alimente, à Valence comme ailleurs en Espagne, des interrogations récurrentes sur la résistance des infrastructures existantes face à des pluies de plus en plus intenses.
Rien n'indique cependant que cet incident, survenu sur un stade qui n'est pas annoncé parmi les enceintes du Mondial 2030, pèsera sur le choix final de la FIFA. Il confirme surtout que le débat sur l'attribution de la finale se joue autant sur le terrain de la préparation réelle des infrastructures que sur celui de la communication politique, un registre où le Maroc, avec le calendrier du Grand Stade Hassan-II, entend peser jusqu'à la décision de Zurich.

Chargement des commentaires...