Dans un long entretien accordé à Marca, Luis Rubiales, ex-président de la Fédération espagnole de football (RFEF), est revenu sans détour sur les coulisses de la candidature de l'Espagne à l'organisation du Mondial 2030. L'ancien dirigeant accuse le président de la Fifa Gianni Infantino et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez d'avoir nui au projet initial de son pays.

Rubiales pointe directement une réunion entre Infantino et Sánchez, à l'issue de laquelle l'Uruguay, le Paraguay et l'Argentine ont été intégrés à l'organisation pour accueillir les matchs inauguraux du centenaire de la compétition. Une décision qui a coûté à l'Espagne son match d'ouverture, un préjudice qu'il juge « irréparable » et dont il tient les deux hommes pour responsables, accusant Sánchez d'avoir agi par pur « goût du protagonisme ».

L'accusation la plus retentissante concerne la finale. Selon Rubiales, un accord existait pour que le dernier match du Mondial se tienne au Santiago Bernabéu de Madrid, avant que le changement de cap ne laisse la porte ouverte au Maroc, qui pousse désormais pour l'accueillir dans son futur stade géant de Casablanca. Pour l'ancien dirigeant, la ligne rouge est là : si la finale devait échapper à l'Espagne au profit du sol africain, le pays devrait selon lui se retirer purement et simplement de l'organisation. « L'Espagne est la locomotive de ce projet », a-t-il martelé.

Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu, sur fond de tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat. Plusieurs voix politiques espagnoles réclament ces derniers jours l'exclusion du Maroc comme pays hôte. Interrogé sur un possible risque pour la finale espagnole, Rubiales s'est gardé de tout pronostic, jugeant simplement que la question était « en discussion ».

Ses propos, aussi tranchés soient-ils, émanent d'un homme aujourd'hui éloigné de toute instance officielle : Luis Rubiales est écarté du football institutionnel depuis sa condamnation pour agression sexuelle, à la suite du baiser forcé imposé à la joueuse Jenni Hermoso lors de la finale du Mondial féminin 2023. Sa parole est loin de faire l'unanimité, et ni la Fifa ni la Fédération espagnole n'ont pour l'heure réagi à ses déclarations.

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