Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a apporté jeudi son soutien à Gianni Infantino, dont la présidence de la Fifa est vivement contestée par une partie du monde du football. Interrogé par la chaîne britannique Sky News, le dirigeant sud-africain a estimé que tout désaccord avec le président de l'instance mondiale devait se régler par les procédures démocratiques prévues par la Fifa, et non par la pression publique.

"Si quelqu'un a un problème avec qui que ce soit, que ce soit Gianni ou n'importe qui d'autre, qu'il suive la procédure de la Fifa, c'est aussi simple que ça", a déclaré Motsepe, avant d'ajouter : "Si vous voulez le destituer, passez par les élections. Laissez les 211 associations membres décider." Ces déclarations interviennent alors que l'UEFA, la Concacaf et l'AFC ont ouvertement pris leurs distances avec Infantino, notamment après son projet, dévoilé cet été, d'ouvrir la Fifa à des investisseurs privés, qui a provoqué une vive controverse dans le foot mondial.

Contrairement à ces trois confédérations, la CAF a officiellement affiché son soutien à l'Italo-Suisse de 56 ans. Motsepe, qui a rencontré mercredi soir à Salzbourg son homologue de l'UEFA Aleksander Ceferin en marge de la Supercoupe d'Europe entre le Paris SG et Aston Villa, a appelé à la prudence : "Des élections auront lieu l'année prochaine. Ne devrait-on pas laisser ce processus suivre son cours ?" Ce scrutin est justement programmé en mars prochain à Rabat, au Maroc, où Infantino devra chercher à réunir une majorité parmi les 211 fédérations votantes.

La contestation autour du président de la Fifa continue toutefois de s'élargir. Jeudi, la Fédération irlandaise est devenue la dernière en date à lui retirer officiellement son soutien, rejoignant les positions déjà exprimées par les Fédérations anglaise et galloise, qui soutiennent la ligne de l'UEFA. Cette dernière menace de boycotter les compétitions organisées par la Fifa tant qu'Infantino restera en poste.

Un an avant l'élection présidentielle, ce bras de fer illustre la fragilisation d'un dispositif jusqu'alors jugé solidement verrouillé par le clan Infantino. Le soutien affiché par la CAF, confédération pesant lourd parmi les 211 votants, pourrait néanmoins peser dans la balance au moment du scrutin de mars, à Rabat.

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