L'Olympique de Marseille aborde son déplacement à Rennes, ce vendredi à 20h45 en Ligue 1, avec un effectif réduit et des certitudes ébranlées. Après un large succès inaugural contre Strasbourg (4-0) lors de la première journée, le club phocéen a enchaîné deux défaites, à Monaco (2-0) puis face au Paris FC (3-2), qui ont mis en évidence des failles bien réelles dans le groupe de Bruno Genesio.

Ces revers surviennent après un mercato estival marqué par un dégraissage important de l'effectif marseillais. Plusieurs joueurs ont quitté le club cet été sans qu'aucune recrue ne vienne compenser ces départs, une situation inhabituelle pour un club de ce standing en Ligue 1. Elle prive aujourd'hui Bruno Genesio de la profondeur de banc nécessaire pour faire tourner son groupe sur plusieurs fronts ou réagir rapidement en cas de blessure ou de suspension.

Le milieu offensif Amine Harit a résumé la situation avec un sourire, jeudi en conférence de presse : « On n'a pas énormément de joueurs. Il faut s'adapter à ce que demande le coach. Moi je peux me débrouiller un peu partout. » Un aveu qui traduit la polyvalence désormais exigée de plusieurs éléments du groupe marseillais, faute d'alternatives en nombre suffisant sur le banc de touche.

Bruno Genesio, de son côté, refuse de dramatiser la situation, sans pour autant la minimiser. « J'ai un effectif qui nous convient. On va continuer à le faire progresser », a-t-il assuré, avant d'ajouter un constat plus lucide : « Il n'y a que trois journées de passées, mais personne au club n'est dupe. J'avais mis en garde après le premier match sur les moments difficiles qu'on pouvait traverser. » Une mise en garde formulée dès la victoire contre Strasbourg, et qui prend aujourd'hui tout son sens au vu des deux revers consécutifs.

Sur le plan tactique, l'entraîneur marseillais mise sur le travail des automatismes plutôt que sur des changements profonds de son système de jeu. Il a notamment pointé le manque de rodage de sa charnière centrale, associant Nayef Aguerd et CJ Egan-Riley, qui n'avaient joué qu'un seul match ensemble avant d'affronter le Paris FC. « La complicité et les automatismes sont importants pour une charnière. Aujourd'hui, c'est notre travail d'associer les joueurs pour les faire progresser. On ne va pas révolutionner ce qu'on a fait. Il y aura juste des petits ajustements et on doit travailler sur la cohésion », a-t-il détaillé, en insistant sur la nécessité de laisser du temps à ses joueurs pour se connaître.

Le calendrier n'offre toutefois aucun répit pour mener ce travail de fond dans la sérénité. Après ce déplacement à Rennes, l'OM se rendra à Istanbul pour affronter Besiktas en Ligue Europa, avant de recevoir le Paris Saint-Germain en Ligue 1 dans la foulée. Trois échéances rapprochées et exigeantes, disputées sur deux compétitions différentes, qui laissent peu de marge à un groupe déjà fragilisé par le manque d'effectif et l'absence de renforts anticipés.

Face à cet enchaînement XXL, un peu d'optimisme est venu, paradoxalement, du camp adverse. L'entraîneur du Stade Rennais, Franck Haise, a lui-même reconnu la qualité du groupe marseillais malgré ses récents résultats : « Je sais que ça travaille bien à l'OM. Il y a de la qualité, évidemment. On n'est qu'au début de la saison, il faut rester calme. » Un jugement extérieur qui contraste avec l'inquiétude grandissante affichée du côté des observateurs marseillais.

Ce regard extérieur illustre bien l'enjeu du moment pour Marseille : transformer un potentiel reconnu par ses adversaires en résultats concrets, avant que la succession de matches à haute intensité ne vienne davantage fragiliser un groupe déjà court en effectif. La série à venir, entre Ligue 1 et Ligue Europa, s'annonce comme un premier vrai test de vérité pour la saison de Bruno Genesio, dont les choix de recrutement estivaux seront scrutés de près si les résultats ne suivent pas rapidement.

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