Le Collectif Ultras Paris (CUP) a annoncé avoir mandaté son avocat pour saisir en procédure d'urgence le Conseil d'État, afin de contester l'interdiction ministérielle à venir concernant le déplacement de ses membres au Stade Vélodrome pour le prochain Classique face à l'Olympique de Marseille. Le groupe de supporters demande également l'annulation de l'arrêté préfectoral du 28 août 2026, qu'il juge injustifié.
Dans son communiqué, le CUP dénonce l'absence de tout dialogue véritable avec les autorités. « Onze années d'interdictions répétées ne peuvent pas tenir lieu de dialogue », écrit le collectif, qui affirme avoir tenté à plusieurs reprises d'ouvrir une discussion sur les conditions de déplacement de ses membres, sans succès notable jusqu'ici.
Cette décision juridique intervient après plus d'une décennie d'interdictions systématiques. Depuis onze ans, aucun supporter parisien n'a pu assister au Classique disputé à Marseille, les autorités invoquant à chaque fois des risques de troubles à l'ordre public pour justifier ces arrêtés préfectoraux reconduits saison après saison. Cette situation, devenue quasiment automatique au fil des années, n'avait jusqu'à présent jamais été frontalement contestée par la voie contentieuse par les ultras parisiens.
En se tournant vers le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative française, le CUP choisit une stratégie de confrontation directe avec l'État plutôt qu'une simple protestation médiatique. La procédure d'urgence invoquée doit permettre, si elle aboutit, une décision avant la tenue du match, seule échéance qui rendrait la démarche utile sur le plan pratique. Le Conseil d'État est régulièrement saisi de ce type de recours par des associations de supporters, avec des résultats variables selon les dossiers et le contexte sécuritaire local.
Le collectif insiste sur le caractère mesuré de sa demande : « Nous ne demandons aucun privilège. Nous demandons simplement que le droit soit respecté », conclut le communiqué, qui présente cette saisine comme l'aboutissement d'une décision réfléchie plutôt que comme un coup d'éclat. Le CUP affirme vouloir « utiliser tous les moyens de droit » à sa disposition pour défendre ce qu'il qualifie de liberté de déplacement et de droit à soutenir son club.
Cette démarche s'inscrit dans un débat plus large sur l'encadrement des déplacements de supporters en France, où les arrêtés préfectoraux d'interdiction sont devenus un outil récurrent de gestion de l'ordre public autour des rencontres à forte tension, notamment entre grands clubs rivaux. Plusieurs associations de supporters, au-delà du seul cas parisien, ont déjà contesté ce type de mesures devant la justice administrative ces dernières années, avec un succès inégal.
Sur le plan sportif, ce contentieux ne modifie en rien la physionomie du match à venir entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain, mais il ajoute une dimension juridique et institutionnelle à une rivalité déjà chargée d'histoire entre les deux clubs. L'issue de la procédure devant le Conseil d'État sera scrutée de près, tant par les autres associations de supporters que par les autorités préfectorales concernées par des rencontres similaires.
Ni la préfecture ni le ministère de l'Intérieur n'ont pour l'instant réagi publiquement à l'annonce du CUP. La décision du Conseil d'État, si elle intervient avant la date du match, pourrait faire jurisprudence sur la manière dont sont motivés et justifiés ce type d'arrêtés d'interdiction de déplacement dans le football français.

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