Le Collectif Ultras Paris (CUP) a annoncé, dans un communiqué publié mercredi, son intention de contester par la voie juridique l'interdiction de déplacement qui frappe une nouvelle fois ses membres à l'occasion du Classique OM-PSG, prévu dimanche à 20h45 au Vélodrome. "Onze ans d'interdictions, ça suffit !", martèlent les ultras parisiens dans ce texte, qui affichent leur exaspération face à une mesure reconduite match après match depuis plus d'une décennie.
Concrètement, le CUP indique avoir demandé à son avocat de saisir en procédure d'urgence le Conseil d'État, afin de contester l'interdiction ministérielle à venir et de demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 28 août 2026. Une démarche qui vise directement le cadre légal utilisé chaque saison pour empêcher les supporters visiteurs de se rendre au stade olympien.
Cette interdiction n'est pas une nouveauté : les supporters parisiens sont privés de déplacement à Marseille depuis 2015, une restriction réciproque puisque les supporters marseillais font l'objet de la même mesure lors des matchs disputés à Paris. Depuis onze ans, la rencontre entre les deux clubs les plus suivis du championnat se joue donc sans la présence des groupes de supporters visiteurs dans les tribunes.
Le communiqué du CUP pointe également l'absence de dialogue avec les autorités sur ce dossier : "Six préfets se sont succédé, sans qu'aucun véritable dialogue ne soit instauré avec nous. Onze années d'interdictions répétées ne peuvent pas tenir lieu de dialogue", écrivent les ultras parisiens, qui disent vouloir désormais "utiliser tous les moyens de droit" à leur disposition.
Sur le fond, le CUP se défend de réclamer un traitement de faveur : "Nous ne demandons aucun privilège. Nous demandons simplement que le droit soit respecté", conclut le communiqué. Une formulation qui recentre le débat sur la proportionnalité de la mesure plutôt que sur son principe même, les ultras ne contestant pas frontalement la possibilité d'un encadrement du déplacement.
Sur le plan légal, le ministre de l'Intérieur dispose bien du pouvoir d'interdire le déplacement de supporters lorsque leur présence est jugée susceptible de provoquer de graves troubles à l'ordre public. Le représentant de l'État dans le département peut, dans certains cas, restreindre également cette liberté de circulation par arrêté préfectoral, comme celui du 28 août 2026 visé par le recours annoncé.
La procédure d'urgence engagée devant le Conseil d'État, si elle est bien déposée avant le coup d'envoi, place les autorités face à un calendrier serré : la plus haute juridiction administrative française a l'habitude de statuer en quelques jours seulement sur ce type de référé, ce qui pourrait apporter une réponse avant même la tenue du match de dimanche.
Ce nouvel épisode judiciaire intervient alors même que le stade Vélodrome n'affichait pas encore complet pour ce choc de Ligue 1 entre l'OM et le PSG, un match qui reste pourtant l'un des rendez-vous les plus attendus de la saison sur le plan sportif comme sur le plan de l'ambiance dans les tribunes.
Au-delà du seul cas du Classique, l'issue de ce recours pourrait avoir une portée plus large : une décision favorable au CUP fragiliserait le fondement juridique récurrent des interdictions de déplacement décrétées avant chaque confrontation entre les deux clubs, et relancerait le débat sur la manière dont les autorités concilient gestion de l'ordre public et liberté de circulation des supporters.

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