En 2014, alors que le Brésil accueillait la Coupe du monde et n'avait pas encore été humilié par l'Allemagne, l'ancien milieu offensif Paulo César, champion du monde 1970, avait reçu le journaliste Benjamin Henry sur la plage de Leblon, à Rio de Janeiro, où il se baigne chaque jour. Installé sur sa chaise pliante, les pieds dans le sable, il avait lancé sa promesse dans un grand sourire : « D'abord, je vous régale, ensuite c'est à vous » — sous-entendu qu'il comptait échanger ses confidences contre un petit-déjeuner dans l'établissement de son choix.
Pendant une heure et demie, dans un français impeccable et avec un accent inimitable, l'ancien international (58 sélections, 8 buts sous le maillot auriverde) était revenu sur le « privilège » d'avoir joué aux côtés de Pelé et sur le sacre mondial de 1970, sa « plus belle émotion » liée au football. « On a gardé cette coupe, elle est à nous, on a été les premiers à la gagner trois fois. Elle est à nous et personne ne peut la toucher », avait-il lancé, à propos du trophée Jules-Rimet conservé définitivement par le Brésil après ce troisième titre.
Volontairement provocateur et conscient de son effet, Paulo César ne s'était pas privé de piques envers d'anciens sélectionneurs et coéquipiers. Il avait qualifié Luiz Felipe Scolari de « stoppeur moyen, un bourrin », lui reprochant de ne pas avoir retenu Ronaldinho en sélection, et décrit Dunga comme « tout le temps le cul par terre ».
Au-delà du football, il avait aussi raconté son enfance dans la favela, la ségrégation raciale dans le Brésil de sa jeunesse, puis la gloire, les fêtes et le carnaval qui avaient marqué sa carrière. Il avait confié un regret persistant : celui d'avoir quitté l'Olympique de Marseille trop tôt, un an seulement après son arrivée dans le club phocéen.
La discussion s'était prolongée plus tard dans une petite échoppe au pied de son immeuble carioca. Fidèle à sa promesse du matin, Paulo César avait réglé l'addition du petit-déjeuner, concluant l'entretien par une accolade avec le journaliste.

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