La défaite de l'Olympique de Marseille face au Paris Saint-Germain (1-2), dimanche, laisse une trace amère du côté de la Canebière. En cause : une action survenue à la 38e minute, alors que le score était encore vierge, et qui aurait pu, selon la presse marseillaise, changer le cours du match. L'arbitre François Letexier a choisi de ne pas siffler penalty pour l'OM après un contact entre Amine Gouiri et Désiré Doué dans la surface parisienne, une décision que ni lui ni ses assistants VAR n'ont jugé utile de réexaminer.
Sur l'action, Amine Gouiri s'était lancé dans un slalom vers la surface parisienne avant d'être touché au niveau des jambes par l'ailier du PSG et de terminer sa course au sol. L'absence de sifflet, doublée de l'absence de rappel au VAR, a immédiatement relancé le débat sur la lecture de ce genre de phases par le corps arbitral, entre contact réel générateur de déséquilibre et chute anticipée du joueur attaqué.
La Provence n'a pas mâché ses mots au lendemain de la rencontre, consacrant un article entier à cette séquence sous le titre "le penalty oublié sur Gouiri aurait pu tout changer". Le journal marseillais y est catégorique : "Doué ne touche jamais le ballon et embarque les deux jambes de Gouiri", estimant que ni l'arbitre central ni ses adjoints vidéo n'ont pris la peine de revenir sur la scène.
Cette lecture est partagée par Adil Rami. L'ancien défenseur de l'OM (2017-2019), aujourd'hui consultant pour Ligue1+, s'est montré sans ambiguïté dimanche soir : "Si Gouiri se laisse tomber, je dis que non. Il entre dans la surface parisienne et clairement, oui, il y a contact. Pour moi, il y a penalty et il n'y a même pas de débat. Le contact existe."
Le débat est toutefois loin d'être unanime parmi les anciens internationaux français passés par les plateaux télé. Philippe Mexès, ancien compère de Rami en équipe de France, nuance : "Il se laisse un peu tomber, il joue bien le jeu mais j'ai vu des fautes sifflées pour moins que ça." Une position intermédiaire, qui reconnaît l'existence d'un contact sans trancher totalement en faveur de l'OM.
Clément Grenier, également consultant pour le diffuseur, défend de son côté la décision de l'arbitre. Pour l'ancien Lyonnais, la position du ballon au moment du contact change la donne : "J'ai la sensation que sur le double contact, Gouiri élimine Doué mais le ballon semble trop loin derrière. C'est là où il peut y avoir un doute, Marquinhos peut récupérer le ballon. Je pense que le ballon est trop loin."
Ce genre de controverse arbitrale n'est pas une nouveauté dans un match aussi disputé que le Classique entre l'OM et le PSG, une affiche qui cristallise depuis des années les tensions du football français et où chaque décision arbitrale est scrutée avec une attention particulière par les deux camps. La question de la cohérence des interventions du VAR sur les phases de contact en surface revient régulièrement dans les débats depuis le début de la saison en Ligue 1.
Du côté des principaux intéressés, le silence a toutefois prévalu. L'entraîneur marseillais Bruno Genesio n'a pas évoqué cette phase de jeu en conférence de presse d'après-match. Plus surprenant encore, Neal Maupay, pourtant coutumier des échanges avec les arbitres et prompt à réagir aux décisions litigieuses, n'a pas non plus commenté cette action à l'origine du mouvement offensif de Gouiri.
Au-delà de la polémique du jour, cet épisode illustre la marge d'appréciation qui subsiste encore autour des contacts en surface de réparation, même à l'ère de l'assistance vidéo. Un penalty accordé à la 38e minute aurait pu offrir à l'OM l'opportunité de prendre l'avantage dans un match qu'il a finalement perdu, ce qui explique l'insistance de la presse marseillaise à revenir sur cette séquence dans les heures qui ont suivi la rencontre.

Chargement des commentaires...