Un collectif d'organisations non gouvernementales sud-américaines, réuni au sein de la Fondation des Droits de l'Homme sans Frontières (DHSF), basée au Chili, a interpellé Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, sur « de graves violations des droits humains imputées au Front Polisario en Algérie », susceptibles selon elle de « constituer des crimes contre l'humanité ». Dans un courrier consulté par Yabiladi, la DHSF affirme que ces faits « semblent, de prime abord, correspondre à des crimes contre l'humanité » — une qualification lourde qui vise directement la mouvance séparatiste installée sur le territoire algérien, dans les camps de Tindouf.

Pour étayer sa démarche, le collectif s'appuie sur l'article 29 du Statut de Rome, qui exclut toute prescription pour les crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale, ainsi que sur la Convention des Nations unies sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, adoptée en 1968. La DHSF a joint à sa lettre une liste d'une trentaine de noms de Sahraouis présentés comme victimes de violations dans les établissements pénitentiaires du Polisario.

Ramdan Messaud, président de l'Association sahraouie pour la défense des droits humains et membre de la DHSF, explique à Yabiladi que l'objectif est de « convaincre le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme de publier une déclaration officielle sur les exactions commises par le Front Polisario sur le territoire algérien ». Cette interpellation s'inscrit dans une série de démarches visant à documenter, devant les instances onusiennes, le sort des populations retenues dans les camps de Tindouf, sous la responsabilité de l'Algérie en tant que pays hôte.

Cette alerte fait écho à une précédente prise de position du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, basé à Genève, qui avait, en juin 2022, pointé la responsabilité de l'Algérie dans des actes de torture et de mauvais traitements. Ces actes avaient visé en 2014 un ancien membre du Polisario, M'Rabih Ahmed Mahmoud, aujourd'hui établi au Maroc.

Le calendrier de cette interpellation coïncide avec une campagne de communication lancée cette semaine par Bachir Mustapha Sayed, « président du parlement » du Polisario, qui cherche à faire oublier son propre « passé de tortionnaire ». Dans ses messages, il a appelé les Sahraouis des camps de Tindouf ayant subi des violations des droits humains à « pardonner » au nom de « l'intérêt national » — une initiative qui intervient alors même que la mouvance séparatiste fait l'objet de nouvelles accusations documentées devant l'ONU.

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