Le Paris Saint-Germain a enfin décroché sa première victoire en Ligue 1 cette saison, dimanche à Brest (0-1), mais ce succès étriqué n'a convaincu ni les consultants de l'After Foot ni, semble-t-il, Luis Enrique lui-même. L'entraîneur parisien a reconnu publiquement ne pas avoir apprécié la manière dont son équipe avait abordé la rencontre, malgré les trois points empochés.
Sur RMC, Walid Acherchour n'a pas mâché ses mots au sujet de la prestation parisienne. "J'ai trouvé la prestation très insuffisante", a-t-il analysé, saluant le but initial né d'une remise de Dembélé parfaitement conclue par Ferran Torres, avant de pointer un relâchement collectif. Selon lui, Brest a ensuite multiplié les occasions de revenir au score, un match nul n'aurait "pas été scandaleux", et seules plusieurs parades de Safonov ont permis au PSG de conserver son avance jusqu'au coup de sifflet final.
Ce constat s'inscrit dans un début de saison en demi-teinte pour le club de la capitale en championnat, contrastant avec l'aisance affichée trois jours plus tôt en Ligue des champions face au Slovan Bratislava, largement dominé (6-1). Acherchour espérait justement que cette démonstration européenne serve de tremplin à Brest, avec une heure de jeu où le PSG imposerait clairement sa supériorité. Ce scénario ne s'est pas produit, renforçant l'idée d'un écart persistant entre les deux compétitions.
Ce décalage rappelle une problématique classique pour les équipes fraîchement sacrées sur plusieurs tableaux : après un exercice précédent conclu par un titre européen et un doublé national, la gestion de la motivation et de la fraîcheur mentale du groupe devient un enjeu à part entière. "Ce n'est pas normal de ne pas avoir de marge en Ligue 1 depuis le début de saison", a insisté Acherchour, qui dit ne pas être "conquis" par ce qu'il voit du PSG version 2025-2026 pour l'instant.
Pour Maxime Chanot, ancien international luxembourgeois passé par la MLS, cette irrégularité pourrait trouver une explication dans le style de management très offensif adopté par Luis Enrique, marqué par une rotation permanente qui n'épargne ni les statuts ni les égos établis. Il cite en exemple Warren Zaïre-Emery, ballotté entre plusieurs postes - arrière gauche, arrière droit, milieu défensif - et dont la deuxième période à Brest aurait, selon lui, trahi une forme de lassitude vis-à-vis de ces choix tactiques.
Le consultant évoque également les cas de Khvicha Kvaratskhelia, laissé sur le banc lors du dernier match, et d'Ousmane Dembélé, sorti à deux reprises consécutives, comme des indices possibles de crispations internes. "J'ai le sentiment que le management de Luis Enrique agace les joueurs", a-t-il avancé, tout en prenant soin de nuancer son propos et de reconnaître qu'il pourrait se tromper sur ce point.
Chanot élargit son analyse en évoquant un possible "contrecoup" du doublé Ligue 1-Ligue des champions réalisé la saison passée, qui pourrait expliquer un manque d'appétit sur les premiers matchs de la nouvelle campagne. Il rappelle toutefois une règle bien connue du vestiaire professionnel : tant que les résultats suivent, les tensions de management restent généralement contenues. "Il ne faudrait pas que le management de Luis Enrique se retourne contre lui", a-t-il prévenu.
Walid Acherchour se montre plus prudent sur l'hypothèse d'un vestiaire en délicatesse avec son entraîneur, mais partage le constat d'une équipe qui ne retrouve pas encore son meilleur niveau collectif. "Le management ne paie pas pour l'instant", a-t-il résumé, estimant que l'exigence affichée par Luis Enrique envers certains cadres ne se traduit pas encore par l'intensité et l'engagement attendus sur le terrain.
La suite du calendrier s'annonce déterminante pour clarifier ce débat. Les prochaines confrontations face à Manchester City et au FC Barcelone, annoncées comme des tests de haut niveau, devraient permettre de mesurer plus précisément l'état de forme réel du groupe parisien et la solidité de la méthode Luis Enrique à l'épreuve de l'intensité européenne.

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