Le Raja de Casablanca a présenté le bilan de sa première année complète de fonctionnement sous forme de société sportive, à l'occasion de deux assemblées générales tenues le 10 septembre. La première, complémentaire, portait sur l'exercice 2024-2025 et a réuni 79 adhérents ; la seconde, consacrée à la saison 2025-2026, en a rassemblé 104.

Lors de l'AG complémentaire, les rapports moral et financier couvrant la période du 1er mai 2024 au 30 juin 2025 ont été présentés, accompagnés du rapport de l'auditeur des comptes. Le bureau directeur, présidé par Jawad Ziyat, indique avoir trouvé, après discussions avec les anciens présidents, une formule consensuelle pour traiter les données financières des périodes précédentes — une manière, selon le communiqué du club, de régler les dossiers internes loin de la logique des conflits.

Le cœur du bilan porte toutefois sur la restructuration du capital, achevée après la signature de la convention d'investissement avec Impact4Ports. La société sportive du Raja dispose désormais d'un capital de 250 millions de dirhams, réparti entre 100 millions détenus par l'association (40%) et 150 millions pour l'investisseur institutionnel (60%).

Autre chiffre mis en avant par la direction : 36 dossiers litigieux ont été réglés, pour un montant total dépassant 31 millions de dirhams. Cette opération a permis au club de lever l'interdiction de recrutement qui pesait sur lui, et de retrouver une marge de manœuvre pour renforcer l'effectif de l'équipe première.

Ce type de bascule vers le statut de société sportive s'inscrit dans un mouvement plus large engagé ces dernières saisons par plusieurs clubs de Botola, encouragés à se professionnaliser sur le plan structurel et financier à l'approche des grandes échéances organisées par le Maroc. L'enjeu, pour des clubs historiquement fragilisés par un endettement chronique, est de clarifier la gouvernance et d'attirer des investisseurs extérieurs capables de sécuriser leur fonctionnement sur le long terme.

Le communiqué insiste également sur la situation patrimoniale de l'association, qui détient une participation évaluée à 100 millions de dirhams dans le capital de la société sportive, tandis que les actifs de l'Académie sont estimés à environ 250 millions de dirhams. Pour la direction, ces éléments, combinés à une activité générant un excédent structurel, doivent permettre de tourner définitivement la page de l'endettement structurel qui a longtemps pesé sur le club.

Le nouveau modèle entraîne par ailleurs une séparation plus nette des responsabilités. La société sportive prend en charge l'équipe première de football, l'équipe féminine et le futsal, tandis que l'association conserve un rôle dans les organes de gouvernance de la société, tout en continuant à gérer l'école du club et les équipes relevant de la Ligue de Casablanca.

Concernant l'exercice allant du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026, la direction évoque une amélioration tangible des indicateurs financiers et une plus grande régularité dans le respect des engagements du club. Les rapports moral et financier ont ensuite été soumis aux adhérents présents, qui ont interpellé le bureau directeur sur différents aspects de la gestion.

Un an après l'entrée effective du Raja dans l'ère de la société sportive, la direction veut présenter ce nouveau modèle comme davantage qu'un simple changement juridique. Au-delà des chiffres annoncés et de l'arrivée d'un investisseur majoritaire, c'est désormais la capacité du club à assurer durablement son équilibre financier, sans diluer son identité historique, qui constituera le véritable test des prochaines saisons.

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