Le Real Madrid a défendu ses joueurs Kylian Mbappé, Vinicius Jr et Ibrahima Konaté, visés par une polémique en Espagne pour la manière dont ils ont porté un t-shirt évoquant Sebta avant la réception d'Elche. Au lendemain d'une avalanche de critiques dans la presse espagnole, le club madrilène a rappelé un principe simple : la liberté individuelle de ses employés.
La presse espagnole avait largement relayé les images des trois joueurs. Contrairement à plusieurs de leurs coéquipiers, qui affichaient clairement les inscriptions du t-shirt collectif, Mbappé, Vinicius et Konaté avaient positionné le leur de telle manière que les messages imprimés restaient peu visibles. Une attitude aussitôt disséquée, certains commentateurs leur reprochant de ne pas avoir suffisamment mis en avant le message porté par le vestiaire madrilène.
Face à la polémique, le club a choisi de ne pas justifier le geste des trois joueurs, mais de rappeler un cadre plus général. «Le Real Madrid respecte l'opinion et la sensibilité de chacun de ses employés. On ne peut obliger personne à faire quelque chose qu'il ne pense pas ou à laquelle il ne croit pas», a fait savoir le club dans une position reprise par la presse espagnole. Une réponse volontairement sobre, qui déplace le débat du contenu du message vers le droit de ne pas y adhérer publiquement.
Les inscriptions en question sont loin d'être anodines. Les t-shirts arboraient notamment «Todos somos caballas» («Nous sommes tous des Caballas», surnom traditionnel donné aux habitants de Sebta) ainsi que «Ceuta (y sus caballeros) es de la mar» («Sebta et ses chevaliers appartiennent à la mer»). Dans le contexte politique entourant cette ville, revendiquée par le Maroc mais sous administration espagnole, ces slogans dépassent le seul registre de la solidarité locale et prennent nécessairement une portée politique.
La séquence prend un relief particulier à la lumière d'un précédent survenu la veille. Lors du match contre Villarreal, l'international marocain du Betis Abdessamad Ezzalzouli avait porté un t-shirt affichant les mêmes messages, quelques heures avant que la controverse n'éclate autour des joueurs du Real Madrid.
Ezzalzouli avait alors pris la parole pour assurer que le t-shirt n'avait été utilisé «à aucun moment» dans un but politique, évoquant selon lui un message «à caractère social». Il n'a jamais affirmé l'avoir porté par erreur ni ignoré ce qui y était inscrit : sa prise de parole confirme au contraire qu'il l'a fait en connaissance de cause, en donnant aux inscriptions une lecture exclusivement sociale, sans présenter d'excuses ni renoncer à son interprétation.
Le contraste avec l'attitude du trio madrilène est frappant. Là où Ezzalzouli avait assumé publiquement le port du t-shirt tout en contestant sa portée politique, Mbappé, Vinicius et Konaté avaient au contraire choisi de dissimuler les inscriptions sans commentaire — avant que leur club n'intervienne pour rappeler qu'aucun joueur ne pouvait être contraint d'afficher un message auquel il n'adhère pas.
Cet épisode illustre la sensibilité persistante du dossier de Sebta, ville sous souveraineté espagnole depuis des siècles et revendiquée par le Maroc, qui refait régulièrement surface dans l'actualité sportive à travers des gestes symboliques de joueurs ou de supporters. La position affichée par le Real Madrid, centrée sur la liberté individuelle plutôt que sur le fond du dossier, ne clôt pas le débat mais en déplace les termes, à un moment où la question continue de diviser l'opinion des deux côtés du détroit.

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