Deux points pris en trois journées de Ligue 1, aucune victoire au compteur : le début de saison du Paris Saint-Germain vire au casse-tête. Après deux nuls concédés à Rennes et à Lille (2-2 à chaque fois), le club de la capitale s'est incliné à domicile face à Monaco (1-2) vendredi, une défaite qui a immédiatement relancé les critiques sur la gestion de l'entraîneur Luis Enrique.
Face aux journalistes après la rencontre, l'entraîneur espagnol a choisi un registre inattendu pour la circonstance : celui du défi lancé à tous les observateurs. "Vraiment, je pense que c'est une motivation incroyable pour mes joueurs, pour l'équipe et pour le club", a-t-il lancé en conférence de presse, avant d'ajouter : "Si vous voulez parier qui va être champion à la fin du championnat, on peut parier. Je ne dis rien mais pour nous, c'est une motivation. Sept points, OK. On va chercher à rectifier ça le plus vite possible."
Cette allusion au retard déjà accusé sur Monaco, sept points après seulement trois journées, et ce ton de défi assumé n'ont pas manqué de faire réagir dans les médias sportifs. Daniel Riolo, éditorialiste de l'After Foot sur RMC, s'est montré particulièrement virulent à l'antenne, jugeant le discours de Luis Enrique déconnecté de la réalité du championnat qu'il dispute.
"Evidemment l'armée numérique parisienne va me tomber dessus très vite quand elle verra l'extrait sur X", a d'abord ironisé le journaliste, avant de rappeler une précédente sortie de l'entraîneur du PSG. Fin août, dans un entretien au Figaro, Luis Enrique avait qualifié la Ligue 1 de championnat difficile, une affirmation que Riolo juge en décalage total avec la situation financière du football français.
Pour l'éditorialiste, le contraste est saisissant entre les moyens du PSG et ceux du reste du plateau : "Il tenait un discours comme s'il faisait semblant d'ignorer qu'il était à la tête d'un club avec des moyens sans limite et qu'il jouait dans une Ligue 1 en pleine crise financière", a-t-il développé, estimant que l'équipe la mieux dotée du championnat évolue face à des adversaires dont certains disposent d'un budget jusqu'à cinq fois inférieur.
Le ton est monté d'un cran lorsque Riolo s'en est directement pris à l'entraîneur, l'invitant sur un mode sarcastique à aller démontrer son talent ailleurs : "Mais mon grand, va entraîner Auxerre ! Tu es tellement fort que c'est évident que tu feras quelque chose d'Auxerre. Les joueurs courront, les principes de jeu se verront mais tu n'auras pas les mêmes résultats, grand !" Selon lui, la réussite du technicien espagnol tient largement à la puissance financière du club parisien plutôt qu'à une supériorité tactique isolée de tout contexte.
Riolo a par ailleurs illustré son propos en évoquant plusieurs choix de recrutement jugés coûteux et peu concluants ces dernières saisons, citant notamment les arrivées d'Illya Zabarnyi, de Randal Kolo Muani, de Gonçalo Ramos ou encore de Matvey Safonov, ce dernier venant s'ajouter à un effectif qui compte déjà plusieurs gardiens de but. Pour le journaliste, ces investissements, même lorsqu'ils ne portent pas leurs fruits, n'ont aucune conséquence sur la trajectoire du club, contrairement à la majorité des formations du championnat.
Le journaliste dénonce enfin une forme d'impunité médiatique entourant Luis Enrique depuis ses titres en Ligue des champions avec le PSG, qui rendrait toute critique du technicien presque impossible à formuler publiquement. "Tant que tu ne dis rien, il n'y a pas de problème, tu es double champion d'Europe, on est à genoux devant toi, on n'a rien le droit de dire", a-t-il résumé, avant d'appeler à un peu plus de retenue de la part de l'entraîneur vis-à-vis d'un environnement économique qu'il juge très différent du sien.
Cette polémique s'inscrit dans un débat récurrent du football français, régulièrement ravivé dès que le PSG traverse un passage compliqué : celui de la disproportion des moyens entre le club parisien et le reste de la Ligue 1, sur fond de crise financière généralisée du championnat. Les prochaines semaines, avec un calendrier chargé entre championnat et Ligue des champions, diront si cette entame poussive n'était qu'un accident de parcours ou le symptôme d'un problème plus profond dans le vestiaire parisien.

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