Rodri n'a pas caché son agacement. Installé sur le banc de Mestalla après avoir été remplacé dimanche, le milieu de terrain du FC Barcelone s'en est pris sans détour au niveau affiché par Valence, écrasé 5-0 par les Catalans lors de la 4e journée de Liga. Les caméras de la chaîne espagnole Movistar+, pour son émission « El Dia Despues », ont capté la scène dans son intégralité, offrant un instantané rare de la franchise d'un joueur en plein match.
Le champion du monde espagnol, âgé de 30 ans, cultive un style un peu à l'ancienne : maillot rentré dans le short, il fait partie des rares joueurs à ne pas prendre la peine de se couvrir la bouche avec la main lorsqu'il commente le jeu depuis le terrain ou le banc. Une habitude qui fait le bonheur des réalisateurs et des caméras indiscrètes, toujours à l'affût de ce genre de séquences non filtrées.
Titulaire pour la toute première fois depuis son arrivée au Barça cet été, après avoir fait volte-face alors qu'il semblait promis au Real Madrid, Rodri a été remplacé à la 62e minute par le jeune Marc Bernal, alors que son équipe menait déjà 0-3. Il est sorti sous les applaudissements du public de Mestalla avant de s'installer sur le banc, aux côtés de son coéquipier Pau Cubarsi, remplacé au même moment.
C'est à ce moment-là que le naturel du milieu de terrain, passé par Manchester City, a repris le dessus. Peu soucieux de dissimuler ses propos, il a lâché en boucle, avec une moue déconcertée, à l'attention de son jeune coéquipier : « Vraiment mous, ces gars sont vraiment mous... Vraiment mous. »
Rodri a ensuite durci son jugement dans plusieurs autres échanges captés par les micros du diffuseur. « Ils sont nuls, mec ! Ils sont vraiment nuls », a-t-il insisté, avant de s'interroger, toujours auprès de Cubarsi, sur le classement de Valence la saison précédente : « Ils ont fini à quelle place au classement la saison dernière ? Ils n'ont même pas franchi la ligne médiane en seconde période... »
Ces propos tranchent avec le passé du club valencian, longtemps l'une des références du football espagnol. Le FC Valence compte six titres de champion d'Espagne à son palmarès, le dernier remontant à 2004, ainsi que deux finales de Ligue des champions perdues coup sur coup, en 2000 et 2001. Une période dorée qui a durablement marqué l'histoire du club, mais qui semble aujourd'hui bien lointaine au vu de la physionomie du match de Mestalla.
Depuis cet âge d'or du début des années 2000, Valence est rentré dans le rang. Sa dernière participation à la Ligue des champions remonte à la saison 2019-2020, achevée en huitièmes de finale. La saison passée, les coéquipiers de l'ancien Lyonnais Mouctar Diakhaby avaient terminé à une modeste neuvième place de Liga, loin des standards historiques du club.
Le début de saison 2026-2027 confirme cette tendance inquiétante. Avec un seul match nul et trois défaites en quatre journées, Valence végète à la dernière place du classement, un contexte qui éclaire, sans forcément l'excuser, la sévérité du jugement porté par Rodri après la déroute de Mestalla.
En face, le Barça affiche une santé insolente : quatre victoires en quatre journées, qui placent les Catalans en tête du classement. Pour Rodri, dont c'était la première titularisation sous ses nouvelles couleurs, cette démonstration collective a suffi à livrer, sans filtre, un premier avis sur le niveau de la concurrence en Liga — un instantané de banc de touche que les caméras de Movistar+ n'ont pas manqué d'immortaliser.

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