Matveï Safonov a répondu aux critiques sur la pelouse du Stade Francis-Le Blé. Le gardien russe du Paris Saint-Germain, sous le feu des questions depuis plusieurs semaines, a livré une prestation solide à Brest, décisive dans la victoire parisienne (1-0) et dans le tout premier clean-sheet du club cette saison.

Le début d'exercice de Safonov avait pourtant de quoi alimenter le doute. Les statistiques circulant autour de lui étaient sévères : neuf buts encaissés sur seulement neuf tirs cadrés subis, un ratio qui avait relancé les interrogations sur sa fiabilité, notamment sur sa gestion du premier poteau. Une performance quelconque à Monaco, conclue sur une défaite 2-1, avait accentué la pression autour du portier formé à Krasnodar.

Ces prestations en dents de scie avaient nourri, dans une partie de l'opinion publique parisienne, l'idée d'une concurrence à relancer avec Lucas Chevalier, également présent dans l'effectif. Luis Enrique a néanmoins fermé la porte à tout débat dès dimanche, avant la réception de Brest : « Il n'y a pas de débat pour moi. J'ai trois gardiens de haut niveau. Je suis très content de ce qu'il fait », a tranché le technicien espagnol, réaffirmant sa confiance envers son portier russe malgré les doutes extérieurs.

Le déplacement en Bretagne a permis à Safonov de donner raison à son entraîneur. Le PSG est reparti de Brest avec les trois points et, surtout, avec un match référence de son gardien, auteur de six arrêts sur l'ensemble de la rencontre. Si quelques sorties aériennes ont pu sembler fébriles aux yeux des puristes, l'essentiel de sa prestation s'est joué sur ses interventions décisives.

Deux arrêts en particulier ont marqué la rencontre. À la 57e minute, sa manchette sur la tête de Kamory Doumbia figure directement parmi les dix meilleurs arrêts réalisés par Safonov sous le maillot parisien. Trente minutes plus tard, à la 87e, sa parade sur la frappe de Pathé Mboup entre elle aussi dans son top 30 personnel depuis son arrivée au club. Deux interventions qui ont maintenu l'avantage parisien jusqu'au coup de sifflet final.

Après la rencontre, Safonov est revenu sur les difficultés du début de saison, avançant une explication statistique plutôt qu'une remise en cause personnelle : « On n'a pas eu beaucoup de chance, on a encaissé beaucoup en ne concédant pas beaucoup de tirs. C'est le foot, tu as des moments où l'adversaire a deux tirs, et marque, c'est le foot. On a changé cette situation », a-t-il expliqué, soulignant l'importance de ce premier match sans encaisser de but pour la suite de son exercice.

Interrogé plus directement sur un éventuel doute personnel face aux critiques, le gardien a préféré esquiver avec le sourire : « Qu'est-ce que le doute ? Je ne sais pas », a-t-il répondu, avant d'ajouter, sur les critiques médiatiques : « Vous me l'apprenez, je ne regarde pas ça. » Une décontraction affichée qui contraste avec la pression réelle qui entourait son poste ces dernières semaines.

Cette séquence intervient dans un contexte particulier pour le PSG version champion d'Europe en titre, où la concurrence au poste de gardien s'est densifiée avec l'arrivée de Lucas Chevalier, venu renforcer un secteur déjà tenu par Gianluigi Donnarumma la saison passée. Dans cet environnement à forte exigence, chaque contre-performance individuelle est scrutée de près, et le poste de gardien reste l'un des plus exposés médiatiquement au sein de l'effectif parisien.

Reste à savoir si cette prestation à Brest marque un tournant durable dans la saison de Safonov ou n'est qu'une parenthèse rassurante avant de nouvelles turbulences. Le principal intéressé, lui, semble déjà tourné vers la suite, porté par la conviction que la réussite statistique finira par rejoindre la qualité de ses interventions sur le terrain.

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