La diplomatie marocaine multiplie les percées en Amérique latine, où plusieurs pays reviennent sur leur soutien historique au Polisario pour reconnaître la souveraineté du Royaume sur son Sahara marocain, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia. Ce mouvement, porté ces dernières années par des changements de majorités politiques dans la région, fragilise les réseaux d'alliances traditionnels du mouvement séparatiste.
Le cas colombien illustre l'ampleur de ce basculement. Compte tenu du poids politique de Bogota sur la scène sud-américaine, le réalignement de sa politique étrangère a ouvert la voie à un rapprochement inédit avec Rabat, dans un pays qui fut longtemps un terrain de confrontation diplomatique directe entre le Maroc et ses adversaires régionaux.
Selon Al Ahdath Al Maghribia, le Maroc ne compte pas s'arrêter à la seule reconnaissance politique. Rabat ambitionne de transformer ces rapprochements en partenariats économiques et commerciaux durables, afin de rendre les relations bilatérales moins dépendantes des alternances gouvernementales. Le modèle colombien s'impose ainsi comme une référence pour l'action marocaine sur le continent, marquant le passage d'une diplomatie de reconnaissance à une diplomatie fondée sur des intérêts mutuels.
Ce mouvement dépasse la Colombie. La Bolivie, longtemps l'un des soutiens les plus constants du Polisario, a retiré sa reconnaissance à la pseudo-république, un coup dur pour les séparatistes. Le Pérou a de son côté connu des évolutions successives vers une position plus favorable au plan d'autonomie marocain, confirmant les difficultés du Polisario à préserver son réseau d'alliés traditionnels dans la région.
Le journal souligne qu'une quinzaine de pays d'Amérique latine et des Caraïbes soutiennent désormais l'unité territoriale du Maroc ou son initiative d'autonomie, dont le Canada, le Chili, l'Équateur, le Panama, le Costa Rica et la Barbade. Le Brésil, l'Argentine et la Jamaïque restent sur une position de neutralité constructive, tandis que Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, le Mexique et l'Uruguay maintiennent leur soutien traditionnel au mouvement séparatiste, pour des raisons idéologiques héritées des décennies précédentes.
Conscient que ces équilibres politiques régionaux restent susceptibles d'évoluer au gré des alternances, le Maroc cherche à ancrer ses gains diplomatiques au-delà des seuls gouvernements en place, en impliquant institutions étatiques et acteurs économiques. Une stratégie de long terme qui vise à consolider durablement la position marocaine sur le Sahara au sein de l'espace atlantique élargi.

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