Le Maroc a réaffirmé, ce mardi à Genève, le soutien de 40 États à sa souveraineté sur le Sahara marocain et à sa proposition d'autonomie, présentée comme la solution durable au différend régional. La déclaration a été prononcée au nom de ce groupe d'États lors de la deuxième journée de la 63e session du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, une enceinte où Rabat cherche régulièrement à consolider les appuis diplomatiques obtenus sur d'autres tribunes internationales.

Le texte présenté par la délégation marocaine qualifie l'autonomie réelle sous souveraineté marocaine de « solution réaliste » au dossier du Sahara. Il réaffirme également le soutien des 40 pays signataires à la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 31 octobre 2025, ainsi qu'à la relance du processus politique mené sous l'égide des Nations unies pour parvenir à un règlement définitif.

Le représentant permanent du Maroc à Genève, Omar Zniber, a insisté sur un point de méthode : les échanges entre les États membres, le Conseil des droits de l'Homme et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme doivent, selon lui, rester exempts de toute manipulation politique. Il a par ailleurs rappelé que la question du Sahara relève d'un dossier politique placé sous la compétence du Conseil de sécurité de l'ONU, et non d'autres instances onusiennes.

Les 40 États ont également salué les efforts déployés par le Maroc pour actualiser et approfondir sa proposition d'autonomie depuis sa présentation initiale. La déclaration met en avant l'engagement marocain à faciliter le retour et la réintégration des populations résidant dans les camps de Tindouf, en Algérie, sur un pied d'égalité avec les autres citoyens marocains et sous garanties internationales.

Le dossier du Sahara oppose depuis 1975 le Maroc, qui administre le territoire, au Front Polisario, soutenu par l'Algérie, qui réclame l'autodétermination de la région. Rabat a présenté en 2007 devant l'ONU un plan d'autonomie sous souveraineté marocaine, présenté depuis comme une base sérieuse et crédible de négociation par un nombre croissant de capitales occidentales et africaines. Ces dernières années ont été marquées par une série de reconnaissances diplomatiques de la position marocaine, dont celles des États-Unis en 2020 et de la France en 2024, dans un contexte de reconfiguration des alliances régionales.

L'adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité fin octobre 2025 s'inscrit dans cette dynamique et constitue, pour la diplomatie marocaine, un point d'appui supplémentaire dans les enceintes onusiennes. La mobilisation d'un bloc de 40 États lors d'une session du Conseil des droits de l'Homme illustre la stratégie marocaine consistant à élargir le soutien international au-delà du seul Conseil de sécurité, y compris dans des instances où le dossier n'a pas vocation, selon Rabat, à être traité sur le fond.

Cette insistance sur la compétence exclusive du Conseil de sécurité traduit également une préoccupation marocaine récurrente : éviter que le dossier du Sahara ne soit instrumentalisé dans des cadres jugés moins favorables ou plus susceptibles d'accueillir des critiques portées par les soutiens du Polisario et de l'Algérie.

Le Maroc a conclu sa déclaration en estimant que la résolution de ce différend régional contribuerait à une intégration économique et à un développement accrus dans les régions africaine et arabe, un argument que la diplomatie marocaine associe de longue date à ses projets d'intégration continentale, notamment via les provinces du sud présentées comme une porte d'entrée vers l'Afrique de l'Ouest.

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