Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a rencontré à New York le sénateur républicain Joe Wilson, co-auteur d'un projet de loi visant à classer le Front Polisario comme organisation terroriste aux Etats-Unis. Selon les propos rapportés par Wilson lui-même, les discussions ont porté sur l'amitié solide entre les deux pays, la souveraineté marocaine sur le Sahara marocain et la nécessité de désigner le Polisario comme organisation terroriste.

Sur son compte X, l'élu républicain de Caroline du Sud s'est dit « reconnaissant d'avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères du Maroc pour évoquer l'amitié forte et durable entre nos deux pays, la souveraineté marocaine sur le Sahara et la nécessité de désigner le Front Polisario comme organisation terroriste ». Wilson préside, aux côtés du représentant démocrate Brad Schneider, le Congressional Morocco Caucus, un groupe de travail parlementaire dédié à la défense des intérêts marocains au sein du Congrès américain.

Joe Wilson est également co-auteur, avec le représentant démocrate Jimmy Panetta, d'un projet de loi déposé en juin 2025 visant précisément à inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères des Etats-Unis. Ce texte a d'ores et déjà recueilli le soutien de quinze parlementaires, majoritairement issus des rangs républicains, mais reste à ce stade en discussion au Congrès, sans calendrier de vote annoncé.

Une telle désignation, si elle venait à aboutir, changerait significativement la donne diplomatique autour du dossier du Sahara : elle exposerait le mouvement indépendantiste à des sanctions financières et pénales aux Etats-Unis et rendrait plus difficile tout soutien, matériel ou politique, apporté depuis le sol américain. Le texte s'inscrit dans une offensive plus large menée par certains élus américains pour aligner la position du Congrès sur celle de l'exécutif concernant le statut du Sahara.

Cette rencontre à New York n'est pas isolée : Nasser Bourita et Joe Wilson se retrouvent régulièrement depuis plusieurs années. Leur dernier échange remontait à septembre 2025, en marge de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, également à New York. Les deux hommes s'étaient aussi rencontrés le 9 avril 2025 à Washington, confirmant la continuité d'un dialogue bilatéral construit au fil des sessions parlementaires et diplomatiques.

Ces échanges répétés s'inscrivent dans une relation américano-marocaine qui a connu un tournant majeur en décembre 2020, lorsque les Etats-Unis sont devenus la première grande puissance occidentale à reconnaître formellement la souveraineté du Maroc sur le Sahara marocain, ouvrant la voie à un soutien croissant de responsables américains, de l'exécutif comme du Congrès, au plan d'autonomie marocain comme base de règlement du différend régional.

Pour Rabat, la mobilisation d'élus comme Joe Wilson ou Brad Schneider répond à une stratégie diplomatique de long terme consistant à ancrer le soutien à la position marocaine au-delà de la seule administration en place, en cultivant des relais bipartisans au sein du Congrès. Le Congressional Morocco Caucus, structure informelle mais active, sert précisément de plateforme à ce travail d'influence et de sensibilisation auprès des parlementaires américains.

La proposition de classification terroriste du Polisario reste néanmoins un texte parmi d'autres en attente d'examen au Congrès, où les priorités législatives sont nombreuses et les délais souvent longs. Son sort dépendra de la capacité des élus qui la portent à élargir le socle de soutiens parlementaires au-delà des quinze signataires actuels, dans un contexte où le dossier du Sahara continue de mobiliser une attention croissante à Washington.

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