La force du Maroc dans la défense de son intégrité territoriale sur le Sahara marocain repose avant tout sur la vérité historique et la justice de sa cause nationale. Si le contexte international est aujourd'hui favorable à la diplomatie marocaine, ces avancées s'expliquent par une volonté sincère de paix et par un processus interne de démocratisation donnant une assise solide à la proposition d'autonomie dans la souveraineté, plutôt que par un motif de triomphalisme.

L'argumentaire historique remonte à la fin des années 1950, lorsque la France et l'Espagne s'allient dans « l'Opération Écouvillon » contre le Mouvement de libération nationale au Sud du Maroc et au Sahara (MLNS), défait par un rapport de force militaire très déséquilibré. C'est aussi l'époque du « Bureau du Maghreb arabe », fondé au Caire en 1947 et présidé par Abdelkrim el Khattabi, qui coordonnait alors l'action des mouvements nationalistes marocain, algérien et tunisien.

L'indépendance du Maroc a d'abord été territorialement partielle, ce qui explique les réserves exprimées par le Royaume lors de la création de l'Organisation de l'Unité Africaine en 1963 sur le principe de l'intangibilité des frontières héritées de la Conférence de Berlin. Tarfaya est rétrocédée au Maroc en 1958, puis Ifni en 1969, tandis qu'un « ministère de la Mauritanie et du Sahara » existe de 1961 à 1971.

En 1975, après l'avis consultatif de la Cour internationale de justice reconnaissant l'existence de liens historiques entre les populations du Sahara marocain et le Royaume, la Marche verte constitue la plus haute expression populaire de cette vérité historique. Cet épisode a permis d'éviter une balkanisation de la région, alors que la France coloniale envisageait la création d'un nouvel État au sud de l'Algérie pour garder la main sur les ressources pétrolières et gazières.

L'article rappelle aussi que l'idéal porté par les mouvements de libération du Maghreb allait au-delà d'une seule question territoriale, visant l'autodétermination collective des peuples de la région face au néocolonialisme. La guerre froide, puis les égoïsmes nationaux, ont freiné cet idéal maghrébin, tandis que l'instabilité en Libye après la chute de Kadhafi et la guerre civile au Soudan illustrent aujourd'hui les risques d'une région divisée.

Pour l'auteur, le Nord de l'Afrique pourrait redevenir une « locomotive continentale » en renouant avec ces idéaux de solidarité maghrébine, portés notamment par les sociétés civiles, dans un contexte où le Maroc affirme sa position sur le Sahara marocain avec une légitimité de plus en plus reconnue sur la scène internationale.

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