Le dossier du Sahara marocain a été au cœur d'une mise au point ferme du ministère ghanéen des Affaires étrangères, qui a démenti, via ses comptes officiels Facebook et Twitter, une série d'informations trompeuses diffusées par des relais proches du Front Polisario. Ces derniers avaient présenté un émissaire séparatiste reçu par le chef de la diplomatie ghanéenne, Samuel Okudzeto Ablakwa, comme un « ambassadeur » accrédité de la pseudo « République arabe sahraouie démocratique » (Rasd) auprès d'Accra — une présentation que le ministère a formellement rectifiée.
Dans sa publication, le ministère ghanéen a précisé que le chef de la diplomatie du pays avait reçu un envoyé du front séparatiste, et non un ambassadeur accrédité, contrairement à ce que les relais médiatiques séparatistes ont voulu faire croire. Cette distinction, loin d'être anodine, vise à couper court à toute tentative de faire passer une simple audience pour un geste de reconnaissance diplomatique du Ghana envers l'entité séparatiste.
Le ministère a réaffirmé, sans ambiguïté, que la décision de l'État du Ghana de retirer sa reconnaissance de la pseudo « Rasd », prise le 6 janvier 2025, demeure pleinement en vigueur et n'a fait l'objet d'aucune révocation. Ce rappel officiel visait directement à éteindre la rumeur d'un revirement diplomatique qu'aucun élément factuel ne venait étayer.
Ce dossier s'inscrit dans un contentieux régional ouvert depuis 1975 autour du Sahara marocain, que le Royaume propose de régler depuis 2007 par un plan d'autonomie sous sa souveraineté. Ces dernières années, plusieurs pays africains ont revu leur position sur la pseudo « Rasd », certains retirant leur reconnaissance et d'autres ouvrant des consulats à Laâyoune ou Dakhla, traduisant une évolution progressive des équilibres diplomatiques sur ce dossier au sein de l'Union africaine. La décision ghanéenne de janvier 2025 s'inscrit dans cette dynamique plus large.
Le ministère ghanéen a par ailleurs indiqué que son gouvernement se félicite de l'adoption, par le Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 2797, qui exprime son plein soutien au Secrétaire général de l'ONU et à son Envoyé personnel pour faciliter et conduire des négociations sur la base de la proposition marocaine d'autonomie. L'objectif affiché par cette résolution est de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable, conformément à la Charte des Nations Unies.
Cette prise de position confirme et prolonge une orientation déjà affichée par Accra, qui avait précédemment réaffirmé son soutien au plan marocain d'autonomie. Le Ghana s'ajoute ainsi à la liste des pays qui, sur la scène onusienne comme dans leurs communications bilatérales, alignent explicitement leur position sur le cadre de négociation porté par le Maroc.
Au-delà de l'incident ponctuel, cet épisode illustre la bataille de communication qui se joue en parallèle du dossier diplomatique proprement dit : les réseaux proches du Polisario cherchent régulièrement à instrumentaliser des rencontres protocolaires mineures pour laisser croire à une reconnaissance ou un soutien qui n'existent pas. Le démenti rapide et détaillé du ministère ghanéen montre la vigilance croissante des chancelleries africaines face à ce type de désinformation.
Pour la diplomatie marocaine, chaque clarification de ce type conforte la lecture d'un rapport de force international de plus en plus favorable à la solution d'autonomie, portée depuis près de deux décennies comme la seule base sérieuse de règlement du différend. La position réitérée du Ghana, appuyée sur une résolution du Conseil de sécurité, s'inscrit dans cette consolidation progressive des soutiens obtenus par Rabat sur le continent africain.

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