Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se pencher en octobre sur la prolongation du mandat de la MINURSO, la mission de maintien de la paix déployée dans le Sahara marocain depuis 1991. À l'approche de cette échéance, le secrétaire général António Guterres affirme, dans un rapport consulté par Yabiladi, que « les opérations de maintien de la paix ne devraient être déployées que lorsqu'il existe un accord de paix ou au moins un cessez-le-feu solide », ajoutant : « Nous ne pouvons pas maintenir la paix lorsqu'il n'y a pas de paix à maintenir. » Le cessez-le-feu entre le Maroc et le Polisario est rompu depuis le 13 novembre 2020, date à laquelle le Front a repris les armes.

Dans ce rapport, Guterres préconise de prioriser la prévention des conflits, la médiation et la résolution pacifique des différends, tout en renforçant les bons offices du secrétaire général, de ses envoyés et des bureaux régionaux des Nations unies. Il appelle à concentrer les mandats sur les secteurs où les opérations de paix apportent un avantage net, notamment les sphères politique et sécuritaire, ainsi que, si nécessaire, la protection des civils, avec des évaluations régulières et des plans de transition et de sortie prévus à l'avance.

Ce dossier reviendra sur l'agenda du Conseil de sécurité en octobre, après un premier examen du projet de révision du mandat de la MINURSO en avril, conformément à la résolution 2797. Guterres y réaffirme que les opérations de maintien de la paix sont d'abord des instruments politiques, dont le succès dépend de mandats adaptés au terrain, de la volonté des parties prenantes et du soutien du Conseil de sécurité. Ces orientations, plus agiles et mieux dotées en capacités technologiques, s'inscrivent dans un contexte de réduction des budgets et des effectifs militaires et policiers déployés, une approche proche de celle défendue par Washington.

Ces recommandations ne sont pas rassurantes pour le Polisario, qui s'oppose au projet de révision stratégique examiné les 23 et 30 avril par le Conseil de sécurité. Bachir Mustapha Sayed, « président du parlement » du Front, avait averti que tout changement dans les prérogatives de la MINURSO « ne ferait qu'alimenter l'escalade et l'instabilité dans la région ».

À l'inverse, les propositions de Guterres rejoignent largement les orientations défendues par Rabat. Lors de la deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone, tenue en mai à Rabat, le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita avait plaidé pour des mandats « réalistes, atteignables et clairement hiérarchisés », appuyés sur des stratégies politiques régulièrement réévaluées, jugeant préférable de viser des objectifs modestes mais tenables plutôt que des promesses difficiles à honorer — une position que le royaume partage avec les États-Unis.

Pour mémoire, le Conseil de sécurité a déjà mis fin au mandat de la FINUL, la force intérimaire des Nations unies au Liban active depuis 1978. La MINURSO, dont l'avenir sera débattu en octobre, pourrait connaître un sort similaire.

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