Dans le jeu de bonneteau qui agite l'attaque du RC Lens depuis l'été, un nom sort clairement du lot : Abdallah Sima. L'attaquant sénégalais de 25 ans s'est imposé dans le onze titulaire comme le complément idéal de l'indispensable Florian Thauvin, au point de devenir l'un des grands artisans du début de saison lensois.
Cette place, il ne l'a pas volée. Elle s'explique aussi par un contexte particulier en attaque : les départs de Wesley Saïd et d'Allan Saint-Maximin ont ouvert des postes, le retard de préparation d'Odsonne Édouard a repoussé son retour à la compétition, et les deux recrues estivales, Thorgan Hazard et Franjo Ivanovic, restent pour l'instant loin du niveau attendu. Autant de circonstances qui ont profité à Sima pour s'installer durablement dans le onze.
Ce statut de titulaire tranche avec sa situation de la saison passée. Sous Pierre Sage, il n'était alors que cinquième, voire sixième choix dans la hiérarchie offensive lensoise. Il n'avait pourtant pas démérité dans les grands rendez-vous : c'est lui qui avait scellé la victoire lensoise en finale de la Coupe de France face à Nice (3-1), après avoir inscrit cinq buts dans la compétition, un record pour le club Sang et Or.
L'arrivée de Dino Toppmöller sur le banc a changé la donne. Le nouvel entraîneur a fait le pari du Sénégalais, qui s'était révélé lors de son passage au Slavia Prague en 2020-2021. Jeudi, dans son ancien fief tchèque, Sima a de nouveau répondu présent : un adversaire expulsé après une faute alors qu'il s'ouvrait le chemin du but, puis un but inscrit d'une frappe de près dans la surface, malgré un raté en première période qui rappelle sa marge de progression dans les zones clés.
Son passage par la Bohême n'est pas un épisode anodin dans son parcours. Prêté par Brighton pour renforcer Brest en Ligue des champions en 2024, il avait immédiatement conquis les supporters bretons avec trois buts lors de ses deux premières sorties sous ce maillot, une adoption express qui avait marqué les esprits à l'époque.
Ce même capital sympathie, il semble l'avoir conservé partout où il est passé. À Prague, où il n'a laissé que de bons souvenirs, son visage orne encore un mur du club. En interne à Lens, on décrit un joueur très apprécié humainement, qui n'a jamais laissé transparaître d'amertume malgré ses difficultés de statut la saison dernière.
Dino Toppmöller ne tarit pas d'éloges sur son profil polyvalent. « Abda (Sima) a déjà joué à plusieurs postes avec nous et il a toujours été décisif, souligne l'entraîneur allemand. Il a obtenu deux cartons rouges adverses, il a fait des décalages. Regardez comment il a gardé le ballon sur un but contre le PSG (1-0, lors du Trophée des champions). Il est très costaud, il est toujours dans le combat et il va très vite. » Il cite aussi sa performance du 22 août contre Auxerre, pour la première journée de Ligue 1, comme un exemple marquant.
Sima avait signé ce jour-là sa première passe décisive de la saison, avant de récidiver dès la journée suivante face à Strasbourg. « Il est toujours très dangereux, ça fait du bien de l'avoir et notamment sur les phases aériennes, poursuit Toppmöller. Il est très important pour nous, très performant, mais il a aussi des choses à améliorer. » Un bilan d'étape qui satisfait pleinement le technicien allemand, à l'heure où Lens cherche à stabiliser une attaque bousculée par les départs et les blessures de l'intersaison.

Chargement des commentaires...