Alors que la Fédération espagnole et plusieurs médias ibériques présentent déjà Madrid comme la destination naturelle de la finale du Mondial 2030, la FIFA n'a rien tranché en ce sens. L'instance a même démenti toute promesse faite en coulisses au Maroc, coorganisateur de la compétition aux côtés de l'Espagne et du Portugal, et rappelle que le choix du stade répondra avant tout à un cahier des charges technique.
Ce cahier des charges dépasse largement les qualités sportives d'une enceinte. La FIFA exige un vaste périmètre de sécurité autour du stade et un « dernier kilomètre » permettant d'organiser sereinement les flux de spectateurs. Le Santiago-Bernabéu, situé au cœur d'un tissu urbain dense de Madrid, doit composer avec des rues, des immeubles et une circulation qui compliquent ce type de dispositif exceptionnel.
Le Grand Stade Hassan II, en construction à Benslimane près de Casablanca, a été pensé dès l'origine pour répondre à ces exigences. Avec une capacité brute de 115.000 places, il permet de concevoir simultanément les accès, les parkings, les zones de sécurité, les espaces médias et les installations d'hospitalité réclamées par les partenaires commerciaux de la FIFA, plutôt que d'adapter après coup un stade existant.
Du côté espagnol, le Metropolitano de l'Atlético de Madrid figure aussi parmi les onze enceintes présentées, tandis que le Camp Nou de Barcelone reste évoqué comme solution alternative. Mais confier la finale à Barcelone plutôt qu'à Madrid soulèverait une charge symbolique liée à la rivalité entre pouvoir central et Catalogne, une option jugée peu probable pour les autorités espagnoles.
Le Maroc n'a ni l'histoire du Bernabéu ni celle du Camp Nou, mais dispose d'un argument que ses deux coorganisateurs ne peuvent opposer de la même façon : un stade neuf, conçu spécifiquement pour les standards internationaux les plus élevés et implanté dans un environnement permettant d'organiser librement toute l'infrastructure nécessaire à un événement de cette ampleur.
La décision finale de la FIFA reposera sur l'ensemble de ces critères — capacité, sécurité, transports, hospitalité et exposition commerciale — plutôt que sur le seul prestige historique d'une enceinte. En attendant un arbitrage, les travaux se poursuivent à Benslimane, où le stade Hassan II est déjà une réalité de chantier plutôt qu'un simple projet sur plan.

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