Une chronique publiée par Le360 tire la sonnette d'alarme sur une possible dérive militaire de l'Algérie à l'égard du Maroc. Son auteur y observe que le Sahara marocain, longtemps présenté par Alger comme une question de décolonisation liée au Polisario, est désormais qualifié officiellement de "question de sécurité nationale" prioritaire pour l'Algérie — un glissement sémantique qui, selon lui, change la nature même du dossier.
Le texte pointe une accélération des signaux inquiétants ces derniers mois : mobilisation des institutions algériennes, multiplication des discours martiaux dans les médias, campagnes sur les réseaux sociaux et rythme soutenu d'exercices militaires. L'Algérie a consacré plus de 25 milliards de dollars à son armée pour la seule année 2025, hors budget complémentaire, ce qui en fait la première puissance militaire du Maghreb en termes de dépenses — un armement que plusieurs experts cités jugent à caractère offensif.
L'auteur relève aussi des mouvements diplomatiques concordants : un rapprochement spectaculaire entre Alger et Tunis, ainsi qu'une offensive algérienne pour renouer avec le Mali, après que Bamako s'est rapproché du Maroc sur la question du Sahara. Pris séparément, chacun de ces faits pourrait recevoir une explication diplomatique classique ; mis bout à bout, ils dessinent, selon la chronique, une stratégie cohérente vis-à-vis de Rabat.
La chronique rappelle que le Maroc "a maintes fois tendu la main" à Alger, sans réponse, et cite l'écrivain Boualem Sansal appelant à "internationaliser l'alerte avant que le conflit n'éclate". L'auteur appelle à saisir le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union africaine, la Ligue arabe, l'Organisation de la coopération islamique et l'Union européenne, et s'interroge sur la position qu'adopteraient les États-Unis, la France et l'Espagne — les trois puissances ayant reconnu la souveraineté sur le Sahara marocain — en cas d'attaque contre le Royaume.
En toile de fond, le texte évoque le précédent de la guerre des Sables de 1963 entre les deux pays, tout en soulignant qu'un conflit aujourd'hui, entre deux armées modernes et dans un Maghreb déjà fragilisé par les crises libyenne et sahélienne, serait d'une tout autre ampleur. L'auteur affirme ne pas savoir si le président algérien Abdelmadjid Tebboune "veut réellement attaquer le Maroc", mais juge la situation "objectivement très dangereuse" et appelle Rabat à porter lui-même cette inquiétude devant les instances internationales.

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