L'UEFA a annoncé le lancement de Clear Line, une nouvelle plateforme d'arbitrage destinée à favoriser une application cohérente des lois du jeu et de l'utilisation du VAR. L'instance européenne a confié l'annonce à Roberto Rosetti, son patron de l'arbitrage, qui s'est exprimé auprès de L'Équipe et de quatre autres médias européens.

Concrètement, l'outil rassemble plus de 150 situations d'arbitrage et fournit des orientations détaillées sur la manière dont les lois du jeu doivent être interprétées, ainsi que sur les cas dans lesquels le VAR doit intervenir ou non. Ces recommandations s'appliquent aussi bien aux épreuves nationales qu'aux compétitions organisées par l'UEFA. Accessible sur le site de l'instance, la plateforme s'appuie sur un large éventail de vidéos et d'explications visuelles pour éclairer le raisonnement derrière les décisions arbitrales les plus complexes et controversées.

L'UEFA communiquait déjà auprès des arbitres européens environ quatre fois par an, notamment par vidéos, pour préciser sa doctrine. Clear Line pousse cette démarche plus loin, avec une plateforme appelée à évoluer en continu et à être mise à jour dès l'apparition de nouvelles situations ou le besoin de clarifications supplémentaires.

Cette initiative traduit surtout une divergence de fond avec la FIFA sur la philosophie du VAR. Lors de la dernière Coupe du monde, la Fédération internationale a laissé s'installer un recours assez large à l'assistance vidéo, allant régulièrement au-delà des cas prévus par l'IFAB, garante des lois du jeu. L'UEFA entend au contraire s'en tenir au principe fondateur du protocole : une intervention réservée aux erreurs claires et évidentes.

"Le VAR n'arbitre pas le match. Il est juste là pour des situations claires et des erreurs évidentes. Nous voulons des arbitres avec de la personnalité et un VAR qui n'est qu'une aide ponctuelle. Il faut conserver le football que l'on aime et que nos parents aimaient", a expliqué Roberto Rosetti, pour qui il faut revenir à l'esprit originel du dispositif, celui qui aurait pu corriger la main de Maradona face à l'Angleterre en 1986 ou celle de Thierry Henry face à l'Irlande en 2009.

Le responsable de l'arbitrage européen a également pointé un usage actuel du VAR jugé trop pointilleux, s'attardant selon lui sur des détails microscopiques plutôt que sur les seules erreurs manifestes que l'outil était censé corriger à l'origine.

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