Le Wydad de Casablanca a choisi de mettre les chiffres sur la table. Dans un communiqué officiel, le comité directeur présidé par Ibrahim El Assri fait le point sur la situation financière du club, les litiges hérités de l'ancienne gestion et les démarches entreprises pour lever les interdictions de recrutement qui pèsent sur le club. La nouvelle direction affirme avoir déjà mobilisé plus de 27 millions de dirhams pour éponger une partie des arriérés.
Cette sortie intervient dans le prolongement de l'Assemblée générale du club, marquée par la non-approbation du rapport financier de l'ancienne direction. Le communiqué rappelle dès son introduction cet épisode, en évoquant l'Assemblée générale au cours de laquelle le rapport financier n'a pas été approuvé, ainsi que les éléments consignés dans le procès-verbal déposé auprès des autorités locales et de tutelle. Un différend qui avait déjà mis en lumière les difficultés de gestion accumulées les saisons précédentes.
Face à une situation susceptible de peser directement sur l'activité sportive du club, le nouveau comité assure avoir agi dès sa prise de fonction. Il indique avoir lancé une vaste opération de règlement des créances financières en suspens, qui a notamment permis de lever plusieurs interdictions de recrutement et de verser plusieurs mois de salaires. Le montant total engagé dans cette première opération a dépassé 27 millions de dirhams, précise le club.
Le passif est cependant loin d'être entièrement soldé. Le communiqué revient sur une réunion ayant rassemblé Ibrahim El Assri, le président de la FRMF Fouzi Lekjaa, le président de la LNFP Abdeslam Belkchour et l'ancien président du Wydad Hicham Aït Menna. Selon la nouvelle direction, ce dernier s'était alors engagé à prendre en charge la levée des interdictions pour un montant total atteignant 26 millions de dirhams avant le 7 septembre 2026, ainsi qu'à régler des sommes liées au transfert de l'un des joueurs, atteignant 20 millions de dirhams avant la fin de l'année.
Le délai du 7 septembre n'ayant pas été respecté, une nouvelle réunion s'est tenue avec les mêmes parties. Le communiqué affirme qu'à cette occasion, la nécessité de régler la situation a une nouvelle fois été soulignée, et que l'ancien président a renouvelé son engagement à honorer ses obligations et à régulariser la situation financière concernée avant le 20 septembre 2026.
Pour le bureau d'Ibrahim El Assri, la priorité immédiate reste de débarrasser le Wydad de l'interdiction internationale de recrutement, qui limite depuis plusieurs mois la capacité du club à se renforcer sur le marché des transferts. Ce dossier est traité comme une priorité absolue, avec la mobilisation de tous les moyens disponibles afin de parvenir à un règlement dans les délais et de permettre à l'équipe de poursuivre normalement sa saison.
La nouvelle direction insiste sur le fait qu'elle ne cherche pas l'affrontement avec ses prédécesseurs. Les initiatives entreprises depuis son arrivée, affirme-t-elle, n'étaient pas motivées par une volonté de confrontation ou d'entrer dans des conflits secondaires, mais uniquement par la nécessité de faire prévaloir l'intérêt du Wydad et d'assurer la continuité du club.
Le ton se fait néanmoins beaucoup plus ferme lorsqu'il est question des engagements qui restent à honorer. Le comité directeur prévient que ceux pris devant les responsables du football national ne peuvent rester sans suite. En cas de non-respect, le Wydad assure qu'il n'hésitera pas à emprunter toutes les voies juridiques et judiciaires disponibles pour défendre ses droits et déterminer les responsabilités liées aux éventuels préjudices subis par le club.
À quelques jours de l'échéance du 20 septembre, le message du club est donc sans ambiguïté. Après la non-approbation du rapport financier de l'ancienne direction, le nouveau bureau entend solder les contentieux qui empoisonnent encore les finances du Wydad, l'un des clubs les plus titrés du football marocain.
Derrière les dizaines de millions de dirhams en jeu se dessine une urgence sportive bien concrète : retrouver une marge de manœuvre sur le mercato et éviter que les dossiers hérités du passé ne viennent hypothéquer une nouvelle saison déjà exigeante pour le club casablancais.

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