Patrick Zabi, surnommé « la magie », concentre déjà toutes les attentions au Paris FC. Recrue la plus chère de l'histoire du club, arrivée pour 25 millions d'euros lors du mercato d'hiver 2025, l'attaquant ivoirien de 1,91 m n'a pour l'instant disputé que 27 minutes en Ligue 1, à Troyes puis contre Nice, mais chacune de ses apparitions a suffi à confirmer le potentiel qui a poussé Antoine Arnault, propriétaire du club parisien, à s'impliquer personnellement dans ce dossier.

Le parcours de Zabi commence à Yopougon, la plus grande commune d'Abidjan, dans l'académie Ivoire FC. « J'ai confiance en mon petit », résume Ettien Daniel Brou, président du club formateur, qui l'a récupéré à 12 ans. « Je savais que ça deviendrait quelque chose de grand. Ça allait fort, techniquement c'était impressionnant et surtout il aimait travailler », raconte-t-il, rappelant que le jeune joueur avait été surclassé pour disputer les championnats de district avec des joueurs plus âgés.

Repéré très tôt, Zabi a multiplié les essais avant de trouver sa voie en Europe. Un temps proche de l'Udinese, il a finalement rejoint le Stade de Reims, où il est resté en prêt jusqu'à la fin de la saison 2024-2025. Plusieurs clubs anglais, dont Newcastle, poussaient pour accélérer sa signature, mais c'est le Paris FC qui a finalement remporté ce dossier pour 25 millions d'euros, un montant record dans l'histoire du club.

Sur le terrain, les débuts sont mesurés mais prometteurs. Timide lors de sa découverte de l'élite à Troyes, Zabi a nettement plus pesé sur la rencontre suivante face à Nice, au stade Jean Bouin : feintes de corps, accélérations et une passe décisive pour Vincent Marchetti ont illustré son potentiel, même s'il a manqué un face-à-face avec le gardien niçois Yehvann Diouf.

Son surnom, « la magie », ne vient pas du Paris FC mais de son quartier d'origine, où il s'est forgé une réputation lors des matchs de « petits poteaux », ce football de rue très populaire en Afrique de l'Ouest et particulièrement en Côte d'Ivoire. « Il savait faire des gestes que les autres ne comprenaient pas », confie un proche du joueur, qui évoque un talent identifié bien avant son arrivée en Europe.

Son entraîneur Liam Rosenior a clairement fixé le cap : pas de précipitation. « C'est un jeune merveilleux, et je prends beaucoup de plaisir à travailler avec lui depuis le début de la préparation. Mais il faut aussi se souvenir de son âge et le protéger », a-t-il expliqué, citant également les jeunes Rudy Matondo et Nhoa Sangui comme exemples de talents à faire progresser sans brûler les étapes.

Cette prudence contraste avec l'appétit du joueur lui-même. « Il a faim », confirme un proche de Zabi, qui souligne toutefois sa bonne intégration dans un groupe parisien décrit comme soudé. Pour Ettien Daniel Brou, le choix du Paris FC plutôt que d'un club anglais était le bon calcul : « Paris va lui donner la maturité. En Angleterre, il serait tombé dans le grand bain et là, ça passe ou ça casse. »

Ce choix s'inscrit dans un contexte plus large : celui d'une Ligue 1 fragilisée financièrement, où un club comme le Paris FC peut se permettre de laisser mûrir un talent coûteux sans céder à la pression immédiate des résultats, à la différence de championnats où la concurrence pour le temps de jeu est plus féroce. Maxime Lopez, coéquipier de Zabi, confirme l'ampleur du potentiel entrevu : « Je n'ai d'ailleurs pas vu beaucoup de jeunes avec un potentiel pareil. Mais il faut qu'on l'entoure bien pour qu'il progresse comme il se doit. »

Zabi devrait encore débuter sur le banc dimanche soir à Marseille, un rendez-vous à forte exposition où toute entrée en jeu sera scrutée. À mesure que sa cote continue de grimper, le Paris FC devra composer avec une équation délicate : protéger la progression de son joueur le plus cher tout en répondant, tôt ou tard, à l'attente grandissante suscitée par son surnom.

Patrick Zabi Paris FC Ligue 1 Côte d'Ivoire